Le dernier quartier de lune d’octobre

Robusta la taupeLe vent du nord s’est levé, poussant les brumes au loin, et encore des feuilles sont tombées. Dans le Bois-des-Trois-Corneilles, parmi les pins toujours verts, il y a des arbres jaunes…

Cet après-midi, Bichette le bébé limace en bave comme c’est pas permis :
— « Que c’est dur ! » gémit-elle en essayant d’entamer la peau d’un coing tombé dans l’herbe humide. Ça sentait pourtant si bon, et c’est un fruit si dur…
— Mais que t’es bête ! fait une voix juste dessous. Viens donc par là !
C’est Bavette sa sœur, qui a trouvé un endroit pourri, et y enfonce sa lèvre cornée. Slurp !

Linou le merle, lui, a décidé de changer un peu des vers de terre. Il a repéré de merveilleuses taches rouges, dans le buisson contre le mur du haut : les dernières framboises. Elles n’ont plus trop de goût, car le soleil ne tape plus fort, mais tant pis ! Linou en gobe deux ou trois.

Dans la cabane à outils, sur l’étagère, derrière la pile de pots de fleur, Mistigrise la souris grise a fini de compléter son nid de confettis de carton. C’est qu’il faut toujours en rajouter, car ses six insupportables souriceaux n’arrêtent pas de bouger, et de tout faire tomber. Ils n’ont même pas une semaine, et déjà ça promet…

Dans la nuit humide, Paulo le mulot se fige, transi de peur. Une ombre blanche comme un fantôme fend les airs, fonce sur lui, et puis hésite, et puis remonte, et disparaît dans l’obscurité.
— Belgadgé ?! grince le mulot. Voilà que cette chouette effraie est de retour !…

Dans le matin glacé, Père Lagronle le hérisson se dirige en soufflant et grognant vers son tas de bois et de feuilles sèches. Il n’est pas très content de sa nuit de chasse, car avec le froid les limaces se sont toutes cachées. Lagronle se dépêche à travers le potager, quand tout à coup… Il le voit.
Mais qui ?
Allons les amis, vous savez bien.

Billet publié dans Chroniques du jardin
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