Le premier quartier de janvier

Dans le Bois-des-Trois-Corneilles, entre les racines d’un arbre penché, sous des ronces embrouillées, sous les branchages empilés, bien au chaud dans son nid de feuilles, Père Lagronle le hérisson soupire et ouvre à peine un œil. Il s’étire, grommelle un peu, se gratte paresseusement, il tend une oreille distraite vers les bruits extérieurs… Il rêvasse. Et puis, quand même, au bout d’un jour ou deux, il se rendort. Avec tous ces réveils, sa réserve de graisse diminue comme une peau de chagrin.

Sous le coudrier du bas, une noisette a été oubliée par Tilleule, la dame écureuille. Mais elle n’est pas perdue pour tout le monde… Torgnol le campagnol, qui passait par là après une visite de reconnaissance dans le potager, l’a vite repérée. Et ronge que je te ronge… et voilà que notre ami se taille une fenêtre grande ouverte dans la coque. Ensuite, il s’attaque au fruit sans même le sortir de son écrin. Un jeu d’enfant !

Le petit grain de gui que Bernadette la fauvette a déposé sur la branche d’un pommier du Petit-Pré y est toujours. Bien collé à l’écorce par un restant de la glue qui l’enrobait, il attend…

Billet publié dans Actualités, Chroniques du jardin
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