La lune ronde de Novembre

Grandes GensLe temps de la lune ronde est venu, et dans le soir tout noir, les cheminées des maisons-rocher fument. Des odeurs de feu de bois se mélangent à l’air froid. Et parfois même, ça sent un peu la châtaigne grillée…

Père Lagronle le hérisson est très satisfait. Non seulement il est gros comme un pâté, ce qui va lui permettre d’hiberner sur ses deux oreilles, mais en plus, il est très bien installé : son nouveau nid, à la lisière du Bois-des-Trois-Corneilles, lui garantit un repos de qualité supérieure. Normal, c’est lui qui a tout fait ! Il a d’abord repéré un endroit propice, sous les grosses racines d’un arbre. Il s’est faufilé là-dessous, a un peu gratouillé pour faire un creux. Ensuite il a fait plusieurs allées et venues la bouche pleine de feuilles mortes bien sèches. Il les a disposées en une grosse boule aux parois épaisses, et hop ! il s’est faufilé dedans, s’est fait sa petite chambre, et… Boum ! Sa température a chuté de 20 degrés. Que se passe-t-il ? Il est tout froid ! Normal, les amis, Lagronle hiberne…

Cette nuit au jardin, il a presque gelé. Au petit matin, le premier qui est là, c’est Badagorge le rouge-gorge. Il se pose bien en vue, devant les fenêtres de la maison-rocher. Après, les autres arrivent : un chardonneret inconnu se pose sur une graminée toute sèche, et se met à picorer les graines qui y sont encore. Les mésanges charbonnières sautent de branche en branche dans le pommier et picorent tout ce qu’elles trouvent : insectes, mousses…

Dans sa cuisine, au petit matin, le Grand s’est arrêté, sa cafetière à la main. Il regarde par la fenêtre, ce petit oiseau gonflé qui le fixe de son œil rond. « Qu’est ce qui me veut, çui-là ? » grommelle-t-il. Et puis le Grand verse le café dans son bol, et il se dit qu’il faudra mettre quelques graines, vu que ce rouge-gorge le lui demande. Mais après il oublie.

Robusta la taupe rentre du boulot. Elle vient de passer quatre heures à creuser de nouvelles galeries et à inspecter les anciennes, remplissant au passage son estomac de lombrics, larves de hannetons, courtilières et autres succulentes proies. Maintenant, elle file vers sa chambre-cocon, où elle va dormir pendant quatre autres heures. Il faut bien qu’elle soit en forme, pour accueillir son invité…

Billet publié dans Actualités, Chroniques du jardin

Les commentaires sont fermés.