Les Temps Froids sont là…

Lune noire de décembre

BeletteEt voilà que tout d’un coup, des flocons par milliers ont voltigé, enfermant le jardin dans une grosse doudoune blanche, qui étouffe le moindre bruit…

Dans le Bois-des-Trois-Corneilles, Lagronle ouvre à peine un œil. Le père hérisson se réveille peu à peu dans son cocon de feuilles bien empilées, protégées par des branchages et des ronces, le tout caché sous la neige. Dans son nid il ne gèle pas, alors que dehors, ce matin, il faisait moins dix ! En quelques heures, la température de Lagronle est remontée, ce qui a brûlé un peu de ses réserves de graisse… Car c’est comme ça : Père Lagronle va se réveiller à peu près tous les quartiers de lune, durant tous les Froids Temps.
Aura-t-il assez de réserves pour tenir jusqu’au Joli Temps ?
— Bougre de gron…mpff… grogne-t-il, et boum il se rendort.

Dans la Haie-des-Épines, les fruits de l’églantier font de magnifiques boules rouges, en forme de mini ballons ovales : des gratte-culs. Délicieux, pleins de vitamines, mais attention : il faut aspirer par le bon bout… Un des côtés est bourré de graines qui grattent ! De l’autre, c’est une succulente purée rouge qui donne plein d’énergie. On l’appelle aussi cynorhodon…

Le lierre est recouvert de neige et c’est tant mieux : ça fait une couche isolante qui protège du froid. Là-dessous, il se passe plein de choses…. Des choses qu’on ne pourrait pas imaginer…
De temps à autre, c’est Linou le merle qui jaillit du feuillage. Et… si on s’approchait sans se faire voir, on pourrait repérer deux tout petits oiseaux, très remuants, qui sautillent de branche en branche, la queue courte et relevée en forme de point d’exclamation : ce sont Biquignon et Gonzon, deux troglodytes mignons. Est-ce qu’ils jouent à cache-cache ?
Beaucoup de monde séjourne sous le lierre qui couvre le vieux mur, car c’est un excellent abri…

Dans la nuit glacée, une ombre fine se glisse dans le jardin. C’est la belette au corps long et au ventre blanc. Elle est à la recherche d’une proie… Elle file, elle file, et puis… Elle entend un bruit. Alors elle se dresse en cierge sur ses pattes de derrière, elle écoute…
Elle est si mince qu’elle peut se faufiler dans n’importe quel trou de souris. Et là… et là… Cric Croc !

Billet publié dans Actualités, Chroniques du jardin
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