Dernier quartier de lune de janvier

Sous le pommier, ils sont toute une bande de merles et merlettes à cribler les dernières pommes de coups de bec.
— Qu’est-ce que vous faites ici ? s’insurge Linou en atterrissant au milieu de la bande. Rentrez chez vous ! Retournez au Pré-des-Pommiers !
— Toutes les pommes ont été mangées par les grosses bêtes ! se plaint une merlette.
— Les grosses bêtes ?
— Mais oui ! Les grosses bêbêtes ! Avec des sortes de longs poils interminables sur l’œil et sur l’échine, et des grosses fesses !
— Ah ! fait Linou, rassuré. Des chevaux, quoi.

Pendant ce temps, un oiseau à l’allure de bandit masqué s’accroche la tête en bas au tronc du pommier. La tête gris ardoise et un bandeau noir sur les yeux, grâce à ses courtes pattes aux doigts fins et crochus, il descend tranquillement le long du tronc à la recherche d’insectes intéressants. Mais comme il ne trouve rien, il se rabat sur la cabane à graines.

Au pied du mur, dans un trou sous la terre, se cache toute une colonie de dormeurs, solidement collés les uns aux autres. Ils hibernent comme ça depuis les Temps Roux et ce sont des escargots. Parmi eux il y a Mollo, qui est un vieil escargot de cinq années déjà.

Au Pré-de-la-Liberté, cette sorte d’épaule ronde au-dessus du village, où le ciel est si grand, on entend des cris nouveaux : TCHATCHA TCHA TCHA ! Les tchas tchas sont arrivés, magnifiques avec leur tête gris ardoise, presque bleue, et leur poitrine orangée, mouchetée de noir. Ces bandes de grives litornes viennent du nord et font une halte de quelques jours, le temps de trouver de quoi manger et de reprendre des forces. Et tcha tcha tcha.

Billet publié dans Actualités, Chroniques du jardin
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