La Lune ronde de février

Les jours sont beaux, mais les nuits sont givrées, et l’hécatombe continue. Ce matin, c’est Biquignon le troglodyte mignon qui est passé à la casserole. Le petit oiseau à la queue en point d’exclamation venait juste de quitter son abri dans le lierre et il sautillait près du tas de planches, cherchant quelque chose de bon à manger. Encore engourdi par le froid, il n’a pas été assez rapide. Il a fini entre les dents d’Ebil le Grobigras, le terrible, le sans pitié, le gros gras chat.

Il y a aussi Jasper, un jeune merle noir de l’année, un arrière petit-fils de Linou. Cet étourdi s’est laissé prendre au piège des fenêtres de la maison-rocher, qui reflètent par beau temps les arbres du jardin. Confiant, il a pris son élan en direction de ces nouveaux arbres qu’il voyait dans les vitres, et pan, il est venu s’écraser contre le carreau. Il a été tué sur le coup, chutant à terre au pied du mur. Dans la nuit, une ombre furtive est descendue du Bois-des-Trois-Corneilles, pour faire son nettoyage. C’est Bertrande la martre, qui n’en a fait qu’une bouchée, ne laissant comme souvenir qu’un duvet de plumes noires.

Mais les nouvelles ne sont pas toutes mauvaises : aujourd’hui, un merle a chanté. Car les couples commencent à se former, chez les oiseaux. Linou sait déjà avec qui il va former une couvée, et c’est…

Au fond du jardin, sur la fourmilière, il y a du nouveau : quelques fourmis ouvrières se promènent méthodiquement sur le dessus du dôme. Elles se promènent ? Non, elles font un état des lieux, lentement, car elles sont encore toutes engourdies, mais sûrement. De leurs antennes, elles palpent chaque ouverture, chaque relief, chaque aspérité de leur grande maison, pour vérifier. Car bientôt… bientôt…

Billet publié dans Actualités, Chroniques du jardin
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