Premier quartier de lune de février

Miracle ! Ce matin, dans les maisons suspendues, il y a de nouveau des graines de tournesol, et des barres de lard gras sont piquées aux branches. Les petits oiseaux se ruent, organisant immédiatement un pont aérien. C’est chacun son tour : chaque passereau s’élance des branches les plus hautes et atterrit pattes premières au milieu des victuailles, pour repartir aussitôt le bec chargé d’une ou plusieurs graines ! Quelques graines tombent à terre… Camaïeu la mésange bleue, qui n’est pas en grande forme, se dit que ce sera bien mieux d’aller se servir sur le sol, et c’est ce qu’elle fait. Elle picore une graine, puis deux et… une énorme patte griffue s’abat sur elle et la plaque contre le sol.

Un long moment plus tard, Ebil le Grobigras, le gros gras chat dépose sur le paillasson de la maison-rocher un pauvre petit cadavre, même pas mangé. Celui d’une mésange bleue.

Au fond du jardin, un énorme monticule attend, tout gelé, dur comme du bois. C’est la fourmilière. Toutes les entrées sont bouchées, et ses habitantes sont lovées au plus profond, et dorment, engourdies, à l’abri du froid.

Dans la nuit noire, juste trouée d’un croissant de lune et d’une étoile, tout est immobile. Il n’y a pourtant pas que les astres qui luisent dans le noir. Tout en haut de la maison-rocher, à la fenêtre du grenier, une forme blanche apparaît, tel un fantôme immaculé. Et floup, elle s’élance dans le vide, infiniment gracieuse, silencieuse. C’est Belgadgé, la chouette effraie, qui part en chasse.

Belgadgé, celle qui voit tout…

Billet publié dans Actualités, Chroniques du jardin
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