Premier quartier de lune d’avril

Boum ! Voilà que les feuilles du cognassier se sont toutes déroulées. Boum ! Voilà que le tapis d’herbes est devenu épais, haut, et d’un vert mordoré, taché de partout par le jaune éclatant des fleurs de pissenlit. Boum ! Voilà que le soleil chauffe la terre retournée par le Grand dans le potager.

Dans la Haie-des-Épines, sur les branches les plus basses, le Pitelé fauvette mâle et sa compagne ont commencé leur nid, fait d’herbes et de radicelles, des racines très fines.

Dans le cognassier, deux mésanges charbonnières se régalent des bourgeons les plus jeunes, sautillant l’une et l’autre de branche en branche. Et d’un seul coup, elles se font des mamours

Mistigrise la souris grise, qui avait fait un séjour plein de risques dans le cellier de la maison-rocher, histoire d’y grignoter des provisions, est retournée au jardin. Maintenant, la nourriture ne manque pas à l’extérieur, et elle est toute neuve…

Lagronle le gros père hérisson trottine d’un petit pas tranquille dans la nuit qui s’installe. Le nez au sol, il fourrage parmi les herbes qui foisonnent au pied du vieux mur de pierre, et croc ! il se fait un excellent repas d’escargots encore endormis.

Mollo l’escargot, qui a échappé au Père Lagronle, est sorti de sa coquille au petit matin, à la recherche de son petit déjeuner. Dans le châssis, il a trouvé son bonheur : une superbe rangée de bébés laitues aux feuilles tendres et juteuses. Quelle bonne surprise ! Hé non : mauvaise, très mauvaise surprise… Sous l’une des feuilles de son déjeuner, Mollo a trouvé une bête à la belle carapace vert-doré, aux reflets métalliques : un carabe. L’insecte s’est empressé de l’attraper avec ses mandibules et de le mordre, lui injectant une sorte de venin. En un rien de temps, les chairs du pauvre escargot sont devenues liquides et le carabe s’est mis à le déguster sans avoir besoin d’une paille…

Attirée par la chaleur du soleil, la Grande Boba s’est glissée hors de son antre, une vieille galerie de taupe, contre le vieux puits du jardin. Elle a ondulé parmi les herbes et s’est étendue paresseusement dans un endroit discret, mais ensoleillé, pour se réchauffer. La grande Boba ? Mais oui…

Billet publié dans Actualités, Chroniques du jardin
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